La FNAUT, qui dénonce depuis longtemps la complexité et le manque de transparence des tarifs ferroviaires, apprécie la démarche du député Hervé Mariton dont le rapport récent analyse la politique tarifaire de la SNCF, avec un souci du pouvoir d’achat.
Comme la FNAUT, le député se déclare favorable à une politique de volume et reconnaît l’intérêt du « yield management » pour optimiser le remplissage des trains, mais à la condition expresse que le voyageur puisse comprendre le montant de son achat et choisir au mieux ses horaires de déplacements à l’aide de repères de prix.
Comme la FNAUT, il insiste sur deux points essentiels : d’une part la SNCF ne respecte pas le droit de la consommation en matière d’affichage obligatoire des prix (arrêté du 3-11-1987), d’autre part les conditions d’homologation des tarifs de la SNCF par l’Etat sont insatisfaisantes.
Hervé Mariton souhaite que la SNCF publie un « prix médian » pour chaque relation, auquel le client pourrait comparer le prix de son billet. Ce prix, calculé par la SNCF, pourrait être contrôlé par une « autorité de régulation ferroviaire » indépendante.
La FNAUT a proposé de son côté la publication des prix « Loisir » maximums et minimums, que la SNCF prévoit de rétablir dans sa documentation. Ces « fourchettes » de prix, directement vérifiables par le client, constituent des repères plus précis qu’un prix médian moyenné sur l’année antérieure, car elles peuvent être données pour chaque train.
La SNCF a également accepté, suite à une attente forte des consommateurs relayée par la FNAUT, de rétablir dans les informations horaires l’indication des périodes normales ou de pointe pour chaque train, afin qu’un client qui prépare son voyage et dont les horaires de déplacement sont flexibles puisse faire librement son choix sans l’intermédiaire d’un vendeur.
La SNCF doit cependant aller plus loin que cette double amélioration de l’information. La FNAUT, en vertu des principes du service public mais aussi à la suite du Grenelle de l’environnement, estime en effet :
- que la SNCF doit inciter au report du trafic de l’avion et de l’automobile vers le train, de préférence à la surconsommation par « achat d’impulsion » ;
- que la clientèle dont les déplacements professionnels ou personnels présentent un caractère obligé ne doit pas financer les offres promotionnelles pour des déplacements de loisirs.
Or une étude conduite par la FNAUT portant sur un échantillon de 15 relations montre que, depuis deux ans, la SNCF a accru de 8% le nombre des TGV circulant en période de pointe, le surcoût pour le voyageur étant en moyenne de 23%. D’autre part une diminution des quotas de places à prix réduits est constatée sur de nombreuses relations TGV.
La FNAUT a donc demandé à Dominique Bussereau, secrétaire d’Etat aux Transports, le 29 septembre dernier, que l’Etat fasse conduire, indépendamment des principes de tarification, un audit pour mesurer précisément les évolutions des prix du train.
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